Israël a mis sous les verrous jeudi en Cisjordanie un tiers du gouvernement dirigé par le mouvement islamiste Hamas alors que se poursuivait dans la bande de Gaza l'offensive lancée suite à l'enlèvement d'un soldat dimanche.
Les Comités de la résistance populaire, un groupe armé palestinien, ont menacé de tuer le soldat israélien qu'ils affirment détenir si l'offensive israélienne continuait, après voir revendiqué l'assassinat d'un jeune colon.
"Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le (ministre de la Défense) Amir Peretz seront entièrement responsables de la vie du soldat enlevé si l'agression se poursuit", a affirmé le porte-parole du groupe Abou Abir.
Les pays du G8 ont appelé jeudi Israël à "observer la plus grande retenue" dans la crise actuelle, selon la déclaration finale de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 à Moscou.
Les pays du G8 avaient auparavant appelé Israéliens et Palestiniens à "prendre toutes les mesures pour ramener le calme" dans la région, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'issue d'une réunion ministérielle du G8.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a appelé jeudi à Moscou Israéliens et Palestiniens à "agir de façon responsable" pour rétablir le calme dans la région.
Pas moins de 64 ministres, députés, maires et autres responsables politiques du Hamas été arrêtés au cours d'une rafle sans précédent par son ampleur, alors qu'une trentaine d'activistes du principal mouvement islamiste étaient également interpellés, selon l'armée.
"Cette mesure a été prise car il a été prouvé que le Hamas au pouvoir met en oeuvre sa stratégie terroriste et l'accentue même par les tirs de roquettes contre la population civile en Israël et l'enlèvement d'un soldat lors d'une attaque d'un poste en Israël", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
"Dans ce contexte nous avons l'intention de poursuivre les actions contre des ministres et des députés du Hamas qui seront traduits devant des tribunaux", a ajouté le ministère dans un communiqué.
Les responsables du Hamas arrêtés devraient être présentés devant des juges militaires qui devront décider de la prolongation de leur garde à vue et de leur éventuelle traduction en justice.
Le ministre du tourisme Méir Sheetrit a exclu pour sa part tout échange de prisonniers. "Si nous cédons aux exigences des terroristes nous ouvrons la porte à de nouveaux chantages", a-t-il estimé.
La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que deux autres groupes armés palestiniens ont exigé la libération par Israël de prisonnières et détenus mineurs palestiniens en échange d'informations sur le soldat enlevé, laissant entendre ainsi qu'ils le détenaient.
Le président palestinien
ahmoud Abbas a condamné les arrestations et appelé la communauté internationale à intervenir d'urgence.
Le principal négociateur palestinien Saëb Erakat a pour sa part évoqué le danger d'un "effondrement total" de la situation dans les territoires palestiniens en raison de l'offensive israélienne.
Par ailleurs, le corps d'un jeune Israélien Eliahou Ashéri, 18 ans, de la colonie d'Itamar en Cisjordanie, enlevé dimanche, a été retrouvé dans la nuit de mercredi à jeudi à Ramallah par l'armée israélienne.
Les Comités de la résistance populaire ont affirmé l'avoir tué après le refus d'Israël de mettre un terme à son offensive dans la bande de Gaza. Mais selon l'armée israélienne, il a été assassiné juste après son enlèvement lundi.
Dans la bande de Gaza, l'offensive terrestre lancée mercredi avant l'aube qui a reçu comme nom de code "Pluie d'été" et vise selon Israël "à ramener sain et sauf chez lui" le soldat enlevé s'est poursuivie.
Elle s'est déjà traduite par d'énormes dégâts infligés aux infrastructures, notamment la destruction de l'unique centrale électrique de Gaza.
Une trentaine de chars israéliens ont effectué une incursion dans le nord de la bande de Gaza, dans la nuit de mercredi à jeudi, ont indiqué des témoins.
Sur le plan diplomatique, l'Union européenne s'est dite "profondément préoccupée par la détérioration de la sécurité" après l'enlèvement d'un soldat israélien par des groupes armés palestiniens et la "réaction militaire" d'Israël, selon un communiqué.
Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a quant à lui condamné les "arrestations de personnel politique" par Israël.
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Le Premier ministre israélien Ariel Sharon, 77 ans, a été opéré d'urgence vendredi pour la troisième fois, après un examen au scanner qui a révélé une reprise de l'hémorragie cérébrale.Cette dégradation de l'état de santé de M. Sharon, placé depuis jeudi sous coma artificiel, a été annoncée par le professeur Shlomo Mor Yossef, directeur de l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où le Premier ministre a été admis mercredi soir après avoir été victime d'une grave hémorragie cérébrale.Il avait déjà subi deux opérations après lesquelles les médecins avaient annoncé avoir réussi à arrêter l'hémorragie cérébrale.Cependant un examen au scanner subi vendredi matin a montré une nouvelle hémorragie nécessitant une opération d'urgence, a précisé M. Mor Yossef."Pendant l'examen, nous avons constaté une montée de la pression intracrânienne, des changements de la pression sanguine (...) ainsi qu'une zone d'hémorragie", a-t-il dit. L'opération a duré trois heures, selon les médias.
L'unique débouché de la bande de Gaza vers le reste du monde a été bloqué, vendredi, par des policiers manifestant contre la mort d'un des leurs dans l'anarchie sécuritaire alors que les services de sécurité étaient toujours sans nouvelle de trois Britanniques enlevés.Une centaine de policiers ont manifesté dans la cour extérieure du terminal de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte, après y avoir pénétré par l'entrée principale. Ils protestaient contre la mort, la veille, d'un des leurs lors d'une querelle avec une famille palestinienne dont l'un des membres venait d'être arrêté dans le cadre d'une campagne contre le trafic de drogue et de voitures volées.
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